Docteur Jacques Parier - Médecin du sport à Paris

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Dans un fauteuil

 

Aucun doute la dessus a 43 ans Stéphane Houdet  a le plus beau palmarès du tennis français.  Il a remporté, le 8 juin 2012 face à Shingo Kunieda de 12 ans son cadet, le tournoi de Roland-Garros, son premier Grand Chelem, devenant ainsi numéro 1 mondial en simple messieurs. En 2013, il remporte de nouveau le tournoi en simple messieurs fauteuil, ainsi que le double messieurs avec Shingo Kunieda son ennemi préféré Trois mois plus tard, il gagne pour la première fois l’US Open en simple, en disposant du Japonais Cette année il remporte le double et il « n’est que » finaliste en simple . . Il joue avec la même raquette que Rafael Nadal, l’Aerodrive de chez Babolat. Son cordage est un monofilament tendu à 20kg. Son entrainement physique est variable suivant les tournois, en moyenne deux séances de 2 heures par semaine mais 3 heures de jeu par jour. Actuellement le fauteuil pèse 10,5 kg mais son équipe travaille pour diviser le poids par deux !!!  Et au chapitre des blessures  la page est presque vierge !! jamais d’abandon ou d’arrêt, seulement parfois le poignet, le coude ou l’épaule qui nécessitent quelques soins. Stéphane tu nous bluffes…

Un autre français, Michaël Jeremiasz, ex-numéro 1 mondial et champion paralympique du tennis fauteuil s’est illustré en tant que tennisman. Merveilleux communicant  il dynamise  le tennis en fauteuil , croise la raquette avec le président Macron, participe au comité  pour l’organisation des jeux olympiques de 2024.

En 2018 Stéphane Houdet  continue cette fois avec Nicolas Peifer,il  gagne la finale de double en fauteuil a Roland Garros face à la paire Frédéric Cattaneo et Stefan Olsson (6-1, 7-6)  Rendez-vous est pris pour les jeux de 2020 à Tokyo et même pour ceux de 2024 à Paris !

La France  est donc un leader incontestable  dans cette discipline

Les revers du coup droit

 

Lorsque Georges  Deniau  et jean Paul Loth  encadraient les stages de moniteur de tennis dans les années 70, le coup droit devait s’exécuter avec la prise marteau, axe du bassin et des épaules perpendiculaire au filet, frappe entre celles-ci. Aujourd’hui tout est changé. La prise de la raquette tient davantage de la poêle à frire, la frappe s’effectue de face, bassin et épaule, la fin de geste plus ou moins artistique.

Tous ces changements ne sont pas sans conséquence pour le poignet, entre autre,  et tout particulièrement l’ECU (extensor carpi ulnaris) dont le rôle est la stabilisation de la radio cubitale inferieure et l’adduction extension. Lors du coup droit pour « gratter » la balle et lui donner un lift maximum le poignet passe brutalement de l’extension- adduction- supination vers la flexion-abduction-pronation. L’ECU est en première ligne. Maintenu dans sa gouttière par un puissant rétinaculum,  il peut brutalement se luxer et le rompre. Parfois le surmenage débouche sur une simple tendinite. L’échographie et ou l’IRM précisent le diagnostic. Le joueur droitier, revers à deux mains peut se blesser de la même manière au poignet gauche en revers. Une immobilisation prolongée permet la guérison.

Gare aux tablettes

Les muscles abdominaux, en particulier le grand droit (rectus abdominis ), sont largement sollicités lors du service et du smash. Les blessures sont fréquentes à ce niveau chez les joueurs professionnels, près de 7% aux Internationaux, exceptionnels chez les joueurs de club. Chez un droitier, la lésion se situe toujours à gauche souvent un peu en dessous de l’ombilic.

L’échographie est l’examen parfait pour visualiser la lésion située en profondeur du corps musculaire, bien souvent contre une cloison ou l’aponévrose.
Classiquement, il existe une asymétrie importante entre les corps musculaires des droits, du simple à droite au double à gauche.

La clinique est trompeuse. La douleur est parfois bruyante quelques jours, mais elle s’estompe rapidement, rassurant faussement le clinicien. Le délai de repos doit impérativement être respecté sous peine de rechute assurée. La prévention passe par une musculation excentrique et un dosage équilibré du travail de ces muscles

Le coup de la hanche

 

Kuerten, Norman, Hewitt, ces trois ex-numéro 1 mondiaux ont un point commun. Tous les trois ont été opérés de la hanche avec un résultat que l’on peut juger insuffisant dans la mesure où aucun d’eux n’a pu reprendre le tennis au même niveau.

Pour comprendre, il faut à nouveau regarder l’évolution technique. Actuellement, les frappes de coup droit, et même de revers, s’effectuent avec des appuis de face contrairement aux appuis en ligne utilisés auparavant. La fin de geste de ces deux coups oblige la hanche avant à une flexion rotation interne brutale.

Ce mouvement répété un grand nombre de fois peut rapidement devenir délétère d’autant qu’il existe une anomalie du col. Un mécanisme de came ou de pince voire les deux peut se produire avec pour conséquence une souffrance du cotyle voire de la tête. Ce nouveau fléau frappe les joueurs jeunes et une politique de dépistage a été mise en œuvre : bilan clinique avec recherche d’une perte de la rotation interne, bilan radio avec notamment l’incidence de Dunn

t’as ton taping

Nos joueurs, et nos joueuses surtout, sont bien souvent paré(e)s de bandes de couleur du plus bel effet. Cuisse, genou, épaule sont bandées de manière précise et l’on sait que les vêtements peuvent en cacher d’autres sur le rachis, les chevilles…

Mais quelle est donc cette nouvelle mode ?

Le taping a été mis au point dans les années 70 par un Japonais, chiropracticien, Kenzo KASE. L’idée directrice est de considérer la peau comme un organe d’information non seulement sensitif mais aussi proprioceptif, de mobilité, de régulation articulaire…

On utilise des bandes adhésives, élastiques, dont les propriétés sont proches de la peau par leur poids , élasticité, épaisseur. Les bandes sont posées sans tension. Les indications sont multiples mais surtout ostéo-articulaires.

Les résultats seraient excellents selon les utilisateurs. À suivre.

La maison de la Suisse

Le service médical du public de Roland-Garros doit pouvoir répondre à la demande d’une population de 450 000 spectateurs répartis sur les 3 semaines du tournoi.

Trois infirmeries sont organisées respectivement sous les courts Chatrier, Lenglen et numéro 1.
Chacune dispose d’un médecin urgentiste et de 2 infirmières.

Pour couvrir des horaires extensibles, 8 médecins et 11 infirmières se relayent.
2500 interventions sont réalisées chaque année, le plus souvent au sein des infirmeries mais parfois dans les tribunes ou les allées.

Le système cardiovasculaire est souvent à l’origine des appels.
La pathologie est très météo dépendante. Par temps chaud et sec, coup de chaleur, déshydratation, coups de soleil sont classiques.
Les allergies s’expriment largement à un stade où la végétation est omniprésente. Par temps froid ou humide, c’est la sphère ORL qui est la plus touchée.

Une information pour nos amis japonais : même si le drapeau de notre infirmerie ressemble à celui de la Suisse, il y a peu de chance, comme cela s’est produit une année, qu’ils puissent interviewer Federer