Docteur Jacques Parier - Médecin du sport à Paris

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Le tennis à dessein

 

Martina Navratilova a annoncé mercredi sur la télé américaine ABC souffrir d’un cancer du sein.«J’ai été dévastée», a expliqué Martina Navratilova, dans l’émission Good Morning America sur ABC. La championne américaine d’origine tchèque s’est fait diagnostiquer un cancer du sein en février dernier. «Cela ne touche qu’un sein. Je suis OK, je vais m’en remettre», a confié la légende de 53 ans, qui va démarrer une chimiothérapie de six semaines à partir du mois de mai. Nous avons interrogé, notre expert,   le Dr Caroline Cuvier praticien hospitalier au centre des maladies du sein de l’hopital St louis pour faire le point. Elle nous présente le rôle du tennis dans le cancer du sein.

Que représente le cancer du sein ?

Il s’agit du premier cancer de la femme avec près de 52 000 cas par an  sur les 355000 cancers recensés chaque année.

Le tennis est-il dangereux pour le sein ?

Surement pas au contraire. On estime que la pratique sportive régulière diminue de 15 à 20% le risque de cancer du sein Dans le cas de  Martina Navratilova, titulaire de 59 titres du grand Chelem, qui participe avec bonheur au tournoi des légendes ou au championnat de France on peut penser qu’elle a sans doute bénéficié a plein d’un effet préventif qui s’est malheureusement révélé insuffisant. On sait aujourd’hui que les facteurs de risque du cancer du sein sont multiples comme la prédisposition génétique qui peut être déterminante.

Une fois le cancer détecté quel rôle peut bien avoir le tennis ?

De 60 à 100% des patients  cancéreux rapportent une importante fatigue à un moment de leur prise en charge,  notamment pendant les traitements (chimiothérapie, radiothérapie)mais aussi au décours et parfois de façon prolongée ; le déconditionnement physique est un phénomène prépondérant de cette fatigue.   Alors qu’aucun traitement médicamenteux  n’a fait la preuve de son efficacité, la pratique d’une activité physique et bien sûr du tennis permet de diminuer de 20% le niveau de fatigue pendant le traitement  et 40% après le traitement ! Par ailleurs  le diagnostic du cancer du sein et  ses traitements  génèrent  une détérioration de l’état psychologique  et émotionnel. Le sport en général et le tennis en particulier diminuent l’anxiété, la dépression,, améliorent le sommeil et l’image de soi. Secondairement les traitements d’hormonothérapie prescrits  peuvent entrainer des douleurs invalidantes pour lesquelles un effet bénéfique de l’activité physique est démontré.  L’une des complications classiques du curage ganglionnaire, le gros bras (lymphœdème) ne semble pas être une contre-indication à la pratique  du tennis.

En pratique comment faire ?

L’hôpital saint Louis présente la particularité de posséder un court de tennis en dur. Cela a permis de bâtir un programme «  d’activité tennis » encadré par un enseignant du club Tc 12. Celui-ci formé à cet encadrement est amené, une heure par semaine,  à diriger un cours de tennis adapté aux joueuses dont les niveaux sont très variés. 4 à  8 joueuses se retrouvent chaque semaine pour ce tennis partagé.  Perruques et prothèses mammaires provisoires sont souvent de mise pour restaurer une féminité entamée. On est frappé d’emblée par la bonne humeur, la gaité, du groupe. On se charrie on s’amuse, on s’encourage, on noue des amitiés, on joue. Certaines jouent en dehors des cours et deviendront des accros.

Tennis et récidive du cancer

Apres le diagnostic de cancer du sein, une activité physique de 8 à 9 METS/heure ( Met/ heure : permet d’évaluer une dépense énergétique par  rapport au Métabolisme dont le corps a besoin au minimum pour fonctionner pendant une   heure) par semaine réduit le nombre de décès par cancer du sein de 34% et de les décès de toutes causes de 41%  par rapport a une activité de 3 MET/H par semaine. On estime que le tennis représente 7,5 Met par heure  en simple et 6 en double pour des joueurs confirmés.

 

Le tennis est donc un formidable outil de prévention primitive et secondaire (moins de récidive et de décès) mais aussi d’accompagnement pendant le traitement des cancers du sein.