Docteur Jacques Parier - Médecin du sport à Paris

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Le retour sur terre

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Crédit photo : Med PhotoBlog (licence CC)

Les 19 courts de la porte d’Auteuil sont fin prêts. Une équipe de techniciens a bichonné les terrains depuis plusieurs semaines. Avec précision on a réparti les 2 à 3 millimètres de brique pilée, argile spécial de la région de Cholet dont la couleur ocre provient du mode de cuisson à près de 800 degrés, sur 10 cm de craon, un calcaire particulier puis une couche de mâchefer et enfin un empierrage.

Cette année, le court Philippe Chatrier a subi un lifting en profondeur, le dernier datait de 15 ans. La glissance de la terre battue ocre n’est pas seulement une merveilleuse sensation, mais c’est également une protection de nos articulations et tendons des membres inférieurs et du rachis.

Le dosage est subtil car un essai malheureux de terre battue bleue, du fait de l’adjonction de cobalt, au tournoi de Madrid s’est révélé trop glissant et donc dangereux.

Une étude réalisée sur un millier de joueurs aux États-Unis, a constaté que le risque de blessure était sept fois plus élevé sur dur que sur terre battue. De même, les capacités d’amortissement des chocs sont dix fois supérieures sur terre battue que sur béton.

Nos seniors aux articulations fatiguées ont compris que la terre restait LA surface « autorisée ».

Roland-Garros 2014 : les chroniques du Dr Parier

Un bel échange

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Crédit photo : DR

Chaque année, le tournoi de Roland-Garros est une occasion unique pour le médical de confronter les expériences. Chacun y trouve son compte.

Les locaux des kinésithérapeutes sont communs et les échanges sont permanents. Leurs homologues de la WTA (Women’s tennis association), omniprésentes auprès des championnes, passent beaucoup de temps à informer, expliquer. Le massage naguère peu pratiqué a pris sa place du fait des demandes des joueuses qui appréciaient les habitudes françaises.

Travail d’équipe

Les kinés de l’ATP (Association of tennis professionnals), souvent francophones, et l’équipe de Christophe Ceccaldi, le responsable français, travaillent de concert et ils ont uniformisé leurs techniques. Toute innovation performante telle le taping, les manchons de compression… est immédiatement prise en compte et intégrée. Une nouveauté, les kinésithérapeutes féminines traitent les joueurs, l’inverse ne semble pas à l’ordre du jour !

Tous les renseignements sur les pathologies et les traitements de Roland-Garros sont transmis confidentiellement aux équipes médicales ATP et WTA. Todd Ellenbecker, coordinateur de l’ATP, vient chaque année sur le « French » pour pratiquer un bilan sur l’appareil locomoteur des joueurs. Tout y passe, statique, amplitudes articulaires, force, fatiguabilité, équilibre… Cette année le médical contribue au bilan en pratiquant des tests iso cinétiques.

Fenêtre sur court

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Mais comment donc fonctionnent les interventions du médical sur le terrain ? Si un joueur présente un problème, il le signale au juge de chaise qui lui-même appelle le superviseur. Sur un canal dédié au médical, le kiné (mandaté par l’ATP ou la WTA) et le médecin sont prévenus. Le kiné rentre d’abord et, selon son évaluation, appelle le médecin resté à l’entrée du court.

Chaque année, près de 150 interventions sont ainsi diligentées. Pour les kinés, les demandes sont relativement constantes : strapping, ampoules, lombalgies, souffrance musculaire forment le gros du contingent. Ils disposent de 3 minutes pour un soin telle une contention pour une entorse de cheville, puis de 2 nouvelles interventions au changement de côté.

Antalgiques et anti-inflammatoires

Les médecins sont amenés, si leur participation est nécessaire, à effectuer un interrogatoire, voire un examen dont la durée n’est pas formellement limitée.

Ils sont les seuls habilités à donner des médicaments. Les familles sont principalement des antalgiques et des anti-inflammatoires. Les médicaments sont sous sachet clairement étiquetés, et soigneusement notés dès le retour à l’infirmerie. En cas d’urgence, le service médical joueurs est épaulé par l’équipe des urgentistes du public.

avec l’aimable  autorisation du quotidien du médecin

Dans un fauteuil

 

Aucun doute la dessus a 43 ans Stéphane Houdet  a le plus beau palmarès du tennis français.  Il a remporté, le 8 juin 2012 face à Shingo Kunieda de 12 ans son cadet, le tournoi de Roland-Garros, son premier Grand Chelem, devenant ainsi numéro 1 mondial en simple messieurs. En 2013, il remporte de nouveau le tournoi en simple messieurs fauteuil, ainsi que le double messieurs avec Shingo Kunieda son ennemi préféré Trois mois plus tard, il gagne pour la première fois l’US Open en simple, en disposant du Japonais Cette année il remporte le double et il « n’est que » finaliste en simple . . Il joue avec la même raquette que Rafael Nadal, l’Aerodrive de chez Babolat. Son cordage est un monofilament tendu à 20kg. Son entrainement physique est variable suivant les tournois, en moyenne deux séances de 2 heures par semaine mais 3 heures de jeu par jour. Actuellement le fauteuil pèse 10,5 kg mais son équipe travaille pour diviser le poids par deux !!!  Et au chapitre des blessures  la page est presque vierge !! jamais d’abandon ou d’arrêt, seulement parfois le poignet, le coude ou l’épaule qui nécessitent quelques soins. Stéphane tu nous bluffes…

Un autre français, Michaël Jeremiasz, ex-numéro 1 mondial et champion paralympique du tennis fauteuil s’est illustré en tant que tennisman. Merveilleux communicant  il dynamise  le tennis en fauteuil , croise la raquette avec le président Macron, participe au comité  pour l’organisation des jeux olympiques de 2024.

En 2018 Stéphane Houdet  continue cette fois avec Nicolas Peifer,il  gagne la finale de double en fauteuil a Roland Garros face à la paire Frédéric Cattaneo et Stefan Olsson (6-1, 7-6)  Rendez-vous est pris pour les jeux de 2020 à Tokyo et même pour ceux de 2024 à Paris !

La France  est donc un leader incontestable  dans cette discipline

Les revers du coup droit

 

Lorsque Georges  Deniau  et jean Paul Loth  encadraient les stages de moniteur de tennis dans les années 70, le coup droit devait s’exécuter avec la prise marteau, axe du bassin et des épaules perpendiculaire au filet, frappe entre celles-ci. Aujourd’hui tout est changé. La prise de la raquette tient davantage de la poêle à frire, la frappe s’effectue de face, bassin et épaule, la fin de geste plus ou moins artistique.

Tous ces changements ne sont pas sans conséquence pour le poignet, entre autre,  et tout particulièrement l’ECU (extensor carpi ulnaris) dont le rôle est la stabilisation de la radio cubitale inferieure et l’adduction extension. Lors du coup droit pour « gratter » la balle et lui donner un lift maximum le poignet passe brutalement de l’extension- adduction- supination vers la flexion-abduction-pronation. L’ECU est en première ligne. Maintenu dans sa gouttière par un puissant rétinaculum,  il peut brutalement se luxer et le rompre. Parfois le surmenage débouche sur une simple tendinite. L’échographie et ou l’IRM précisent le diagnostic. Le joueur droitier, revers à deux mains peut se blesser de la même manière au poignet gauche en revers. Une immobilisation prolongée permet la guérison.